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  • laurent

#02 : BD vs 3D

Fan de perso 3D, bienvenue dans ce second et dernier post sur mon périple au festival International de la BD d'Angoulême 2019.


Vendredi 24 janvier : Jour 2 au Festival


Après une petite nuit enrhumée, je me dépêche d’arriver à l’heure pour la Masterclass sur Batman, tenue entre autre par le grand Frank Miller et là… grosse déception: c’est plein !!!

Même avec une accréditation, impossible d’entrée. A priori, il fallait obtenir un ticket sur un stand la veille... Je n’étais pas au courant.

La journée commence mal :/


Tant pis, je rebondis et assiste à une conférence de la société française, Bigger than Fiction, qui parlait de la 1ère BD pour réseau sociaux : Eté.

Via Instagram !!

Avec tout le planning de communication sur le projet au fur et à mesure de la diffusion journalière des 60 épisodes de la série. Bien sûr, graphisme et narration minimalistes.

C’était très intéressant.


Puis direction d’autres tentes gigantesques avec les plus grands éditeurs et conférences.

Encore une fois, que de titres !! Que de talent !!

La concurrence est dure. Seul le haut du panier des auteurs en vit correctement. Ça s’entend aux terrasses des cafés. On entend un peu de frustration de voir un auteur mieux réussir que soit grâce à ses contacts plutôt que son talent… etc.

Oui, comme partout en fait. Je l’ai croisé tout le long de ma carrière dans le monde de la 3D. Je le répète souvent : la force du réseau !!

Mais ce festival, c’est aussi et surtout les retrouvailles de beaucoup de copains au final qui ne se voient pour certains qu’une fois par an autour de leur passion et métier : la BD.


J’apprends aussi au détour de discussions et dans des conférences que la plupart du temps le lancement d’une BD se fait assez “simplement”. Un scénariste parle d’un concept à un éditeur avec parfois quelques planches, et cet éditeur décide rapidement s’il y a quelque chose à exploiter ou pas (surtout si l'auteur a déjà fait ses preuves).

On est loin de l’image que j’avais d’arriver avec une scénario béton de 100 pages et 40 pages dessinées définitives…

En fait, 3 bonnes planches et un bon pitch vont souvent suffire.

Forcément, un bon éditeur est celui qui trouve proportionnellement le plus de titres rentables sur toute la quantité qu’il doit juger (encore cette “quantité”, il faut “bien investir”, “se diversifier”... est-ce qu’on parle d’art ou de bourse ? Pardon, vous êtes banquier ??).


Mais il y a quelque chose dans l’air, il me semble.

Déjà j’ai été étonné par l’abattage publicitaire de sites de crowdfunding ! Des affiches plein les rues.

Puis, des conférences sur la montée en puissance des BD numériques.


Le crowdfunding serait une solution pour réduire le nombre d’intermédiaires et donc d’être dans un meilleur schéma gagnant-gagnant entre l’acheteur et l’auteur. Intéressant.

Par contre, attention, produire un livre, l’imprimer et le distribuer, c’est un autre métier que juste le dessiner…

Et c’est pour ça que certaines maisons d’édition commencent à proposer de le faire pour ces œuvres financées par les plateformes.

L’avenir du milieu ?


Quand au numérique, et même si ça dresse les poils de beaucoup de fans de l’”objet” BD (tout comme les Kindle d’Amazon face aux livres), force est de constater la monté en puissance du format (chiffres à l’appui vus dans différentes conférences). Surtout aux Etats-Unis.

Est-ce que ça va remplacer le format papier ? Je serai étonné. En tout cas, pas totalement.

Mais c’est une réalité, les nouvelles générations savent manipuler une tablette avant de savoir écrire…


Je pense pour ma part que ça a sa place. Comme une nouvelle manière de s’exprimer, de créer. Qui va petit à petit trouver ses propres codes de narration. Ça peut d’ailleurs être très intéressant de faire partie des précurseurs.

Peut-être est-ce cela l’avenir de la BD...

Un peu comme le film d’animation 3D vis à vis des dessins animés…


Après un bon repas (encore), mon ami Alexandre me fait visiter les locaux du studio 3D dans lequel il travaille, Blue Spirit Angoulême. 120 personnes sur 2 étages. Impressionnant ! Je prends vraiment l’ampleur de la communauté 3D à Angoulême (une trentaine de studios listés tout de même).


Je finis par trois expositions:


- la Rétrospective de Richard Corben.

Je connais l’artiste grâce aux vieux Metal Hurlant de mon père. Je ne suis pas déçu, c’est haut en couleur ! Des dinosaures, des femmes nues et des hommes musclés, à l’aérographe. Très 70s-80s. On aime ou on déteste. Moi, ça me rappelle mon adolescence.

Petite anecdote, je découvre à l'occasion qu’une de ses œuvres est la pochette d’un de mes albums préféré “Planet E.” de Heaven’s Gate. Fun.


- Sculptures de Samuel Bouleistex :

Bouleistex est connu pour ses sculptures en bronze composite de héros de BD (Tintin, Lucky Luke, Thorgal…). Un travail magnifique. Je vous invite à aller voir son site internet.

Il est notre référent qualitatif pour la sculpture que nous préparons avec Kim Jung Gi.

- Rétrospective de Milo Manara:

Il était intéressant de voir le parcours de ce maestro. Des strip comics créés le plus rapidement possible, à l’influence stylistique de Moebius, en passant par sa fameuse période érotique qui le rend célèbre, son travail pour Fellini… etc. L’évolution technique de son trait est retentissante. On sent les heures de travail !


En conclusion, mon séjour fut une expérience très enrichissante. C’est encore une fois un nouveau monde que je découvre grâce à Jean-Christophe et qui me ramène en enfance lorsque je rêvais de faire de la bande dessinée.

Si j’ai de nouveau une actualité qui le permet, je serai heureux de revenir au festival dans le futur.

Et cette fois, je ne me ferai pas avoir, je guetterai les tickets pour les conférences !! ;)


Un grand merci à Jean-Christophe Caurette pour son invitation et aux Bretheau pour leur accueil et leur gentillesse. Ce festival n’aurait pas été aussi bien sans eux.


Merci de m’avoir lu.

Votre dévoué serviteur,

Laurent


>> Dans le prochain post, on parlera carrière dans la 3D...